Cinéma · Super 8
Soleils divers

Une recherche esthétique et émotionnelle, sans dialogue. Un tournage libre en Super 8, porté par l’énergie des corps, du mouvement et de la musique.
- Année
- 2003
- Format
- Super 8 · couleur · sans dialogue
- Versions
- 46 minutes · version présentée en festival
Version longue disponible sur Vimeo - Production
- Les Films du Requin & Emmanuel Saada
- Interprétation
- Muriel Kandel, Georges Kandel, Matéluna
- Écriture, réalisation, image et montage
- Emmanuel Saada
Trois vies en dérive.
Trois personnages cherchent une vie meilleure et se laissent tenter par la violence pour obtenir ce qu’ils n’ont pas. Mais cette violence ne leur ressemble pas et finit par avorter à son paroxysme.
Sans dialogue, le film explore les sensations, les corps et la musique. Une expérience à regarder tranquillement, dans le noir.
Une rencontre. Une envie de filmer.
À Avignon, après un atelier de théâtre animé avec mon ami chilien Matéluna, je retrouve Georges et Muriel Kandel. Leurs voyages, leurs errances, leurs galères et leurs rêves composent une étrange poésie. J’ai envie de filmer ces trois êtres à fleur de peau.
Avec Georges, nous écrivons en quelques heures la structure d’une histoire. Nous partons tourner en Super 8, sans production au départ, entre Avignon et la Camargue. Cyriac Auriol et Les Films du Requin accompagnent ensuite la postproduction.
Tourner librement.
Le tournage est entièrement réalisé en Super 8. Une aventure portée par l’énergie du trio et une grande liberté de mouvement.
Le dernier plan du film dure trois minutes. Il commence sur les visages des trois personnages, au sol. Accroché à la montgolfière, je m’élève avec la caméra : nous montons à 900 mètres. Le plan se termine, vu du ciel, sur le lever du soleil sur Roussillon.
Lors d’une poursuite filmée en caméra cachée au milieu d’un embouteillage, Matéluna glisse devant une voiture et se redresse de justesse. Cet incident réel est resté dans le film.
J’avais laissé les douze heures de rushes Super 8 chez le prestataire qui m’avait offert le télécinéma. Lorsque j’ai voulu les récupérer, quelques années plus tard, la société avait déménagé et les originaux avaient disparu.
La rencontre avec Adrian Lyne.
Par ma mère, j’apprends qu’Adrian Lyne a une maison dans le Luberon. Je lui écris et lui envoie la version longue de Soleils divers, sans vraiment espérer de réponse.
La semaine suivante, il téléphone chez moi. Mon épouse décroche et pense d’abord qu’un ami nous fait une blague. Mais c’est bien lui. Il a beaucoup aimé le film, qui lui rappelle L’Échelle de Jacob, et m’invite chez lui pour en parler.
Nous regardons Soleils divers en détail, scène par scène. Il me dit ce qu’il aime, ce qu’il raccourcirait. Ce qui me marque surtout, c’est sa manière de me considérer comme un semblable : un cinéaste avec qui parler de cinéma.
En 2003, Soleils divers est sélectionné au French-American Film Festival d’Avignon. Je raconte cette rencontre au président du festival, qui contacte Adrian Lyne pour l’inviter. Nous nous retrouvons à cette occasion : c’est là que cette photo a été prise.
Le film voyage.
- Locarno · compétition vidéo · 2003
- New York
- Le Caire
- Rome
- French-American Film Festival · Avignon · 2003
- Prix SCMF de la meilleure musique de film · Avignon, 2003
À New York, la présentation du film a aussi été l’occasion de rencontrer Ben Gazzara.
Le cinéma Utopia d’Avignon a programmé Soleils divers avec une rencontre autour du film le 27 décembre 2003, à 14 h 10.
« un univers sonore incroyablement expressif, une lumière crue ultra-travaillée »